Origine du polluant

Les émissions d’ammoniac sont essentiellement d’origine agricole, dont la plus grande part provient de l’élevage. L’ammoniac (NH3) est issu de la fermentation, c’est-à-dire de la décomposition incomplète de substances organiques par des microorganismes en milieu anaérobie. Ce processus se produit tant dans les bâtiments d’élevage qu’au pâturage, dans les lieux de stockage des effluents et au moment de l’épandage au champ. L’ammoniac est également émis à partir de voitures équipées d'un catalyseur.

Effets

Les retours de l’ammoniac à la biosphère se font sous forme sèche ou humide, soit à proximité du lieu d’émission, soit après avoir parcouru de longues distances notamment pour l’ammonium dont le temps de résidence dans l’air est plus long que celui de l’ammoniac. Ces retombées ont diverses conséquences.

Au Danemark, une étude épidémiologique montre qu’en dehors de l’influence de l’âge et du fait que l’éleveur fume ou non, les éleveurs de porcs sont les plus touchés par l’asthme et les bronchites chroniques. Parmi les facteurs responsables, des gaz tels que l’ammoniac ont été incriminés.

En outre l’ammoniac est un important précurseur de la formation de particules secondaires, principalement par réaction avec les oxydes d’azote pour former des particules de nitrate d'ammonium. Ceci renforce donc encore son effet négatif sur la santé.

Secteurs les plus émetteurs

Les trois secteurs suivants représentent plus de 97 % des émissions d’ammoniac en Wallonie. Parmi ceux-ci, l’agriculture est de loin la principale source d’émission d’ammoniac :

Emiss NH3 tab1 2019

Évolution des émissions

Les émissions d’ammoniac ont tendance à diminuer modérément. Cette diminution s’explique par la diminution de la taille du cheptel bovin et la réduction des quantités appliquées de fertilisants minéraux.

Emiss NH3 graph1 2019

 

Emiss NH3 tab2 2019

 

Objectifs de réduction et normes

Au niveau international, les émissions d’ammoniac sur le territoire belge sont règlementées par le Protocole « LRTAP » de Göteborg de 1999, amendé en 2012. Ce protocole fixe un objectif juridiquement contraignant à l’horizon 2020 de réduction des émissions de NH3 de 2 % par rapport aux émissions de 2005. 

Au niveau européen, la directive NEC II 2016/2284, dite directive NEC (pour National Emissions Ceilings), a fixé des objectifs nationaux aux horizons 2020 et 2030 par rapport aux émissions de 2030.  Les objectifs fixés pour 2020 sont identiques aux objectifs fixés par le protocole de Göteborg.  Pour 2030, la Belgique devra réduire ses émissions de 13% par rapport à 2005.  Afin de pouvoir se référer à des chiffres concrets, les objectifs relatifs (pourcentage de réduction) ont été traduits en un plafond d’émission belge en termes absolus (kt). Ce plafond belge a ensuite été reparti entre les trois Régions selon leur contribution respective au total belge, pour chaque polluant. Cela représente pour le NH3, un plafond d’émissions de 30,4 kt en 2020 et de 27 kt en 2030.  En 2017, la Wallonie a déjà atteint et même dépassé les objectifs de 2020.  Par contre, il reste un effort à fournir pour réduire les émissions d’ici 2030.

Plus d’informations sur ces obligations dans la partie législation ici