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Selon l’inventaire soumis en mars 2020, la Wallonie a émis 37,1 millions de tonnes de CO2-équivalents en 2018, soit 31 % des émissions annuelles de la Belgique (hors secteur forestier). Cet inventaire est élaboré selon les lignes directrices du GIEC de  2006 et les potentiels de réchauffement global (PRG) applicables pour la période 2013-2020.

L’inventaire wallon des émissions de gaz à effet de serre, additionné aux inventaires de la Région flamande et de la Région de Bruxelles-Capitale, forme l’inventaire belge rapporté annuellement par la Belgique dans le cadre du protocole de Kyoto et des engagements européens (Effort Sharing Decision, EC/406/2009).

La Figure 1 présente la répartition des émissions totales de GES par type de gaz et entre les principaux secteurs.

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Figure 1: Répartition des émissions de GES par secteur en Wallonie en 2018 (Source AwAC)

 

Le CO2, qui représente 83 % des émissions totales de GES, est surtout émis lors des processus de combustion dans différents secteurs : industrie, transports, chauffage résidentiel et tertiaire, centrales électriques. Le CH4, qui représente 8% des émissions totales, provient à 79% de l’agriculture, à 9% du secteur des déchets et à 6% des réseaux de distribution de gaz naturel (compresseurs et fuites), le reste provenant de l’ensemble des processus de combustion. Le N2O représente 7% des émissions totales et est principalement émis par l’agriculture (82%), l’industrie chimique (2%) et les processus de combustion (9%). Enfin, les gaz fluorés représentent 2% des émissions totales et sont émis lors de la fabrication et l’utilisation de certains produits (réfrigération, mousses isolantes, etc.).

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Figure 2: Répartition des émissions de GES par type de gaz en 2018 (Source, AwAC)

 

Sur base des dernières estimations disponibles, les émissions anthropiques de GES (hors secteur forestier) en Wallonie en 2018 étaient de 33,4 % inférieures à celles de 1990.

Dans le cadre du burden-sharing 2013-2020, l’objectif wallon  pour l’année 2020 est de -14,7% par rapport aux émissions de 2005 pour les secteurs ESD (Effort Sharing Decision CE/406/2009). Les objectifs annuels 2013-2020 sont calculés selon une trajectoire de réduction progressive, qui démarre en 2013 et diminue linéairement jusqu’à la valeur de l’objectif 2020. Ceci ne concerne que les secteurs ESD. L’objectif ETS (Emission Trading Scheme, qui couvre 90 % des émissions de l‘industrie et de la production d’électricité en Wallonie) est directement géré au niveau européen, sans objectif défini au niveau national ou régional.

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Bilan des émissions wallonnes ESD, 2013-2017 (kt CO2-éq.), données validées

 

Les émissions ESD de 2013-2017 sont inférieures à la trajectoire de réduction. Le solde définitif de 2018 ne pourra être établi que fin 2020, après vérification de l’inventaire d’émissions par la Commission européenne et validation des bilans régionaux par la Commission Nationale Climat. Selon l’inventaire du 15 mars 2020, les émissions de 2018 seraient légèrement supérieures à la trajectoire de réduction (dépassement de l’ordre de 28 kt CO2-éq.). Ceci est notamment lié à une révision du bilan énergétique du secteur résidentiel, qui a amené un recalcul et une augmentation des émissions liées à la consommation de mazout pour les années 2010-2018.

Dans la mesure où la trajectoire est plus contraignante d’année en année, le respect de l’objectif pour les années suivantes n’est pas garanti, mais les surplus générés durant les premières années (7,8 millions d’unités pour 2013-2017) pourront être utilisés en vue d’assurer la conformité.

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Figure 3: Evolution des émissions totales de GES en Wallonie (Source : AwAC)

 

La forte variabilité interannuelle des émissions est généralement due à la conjonction de plusieurs facteurs. On peut cependant mentionner quelques évènements dont l’impact sur les émissions annuelles s’est avéré significatif :

      • 1992-1993 : arrêt d’une centrale électrique, crise économique induisant une diminution de la production dans les industries chimiques et sidérurgiques;
      • 1996 : année froide (besoins en chauffage élevés), mais fermeture d’un haut-fourneau;
      • 1997 : fermetures d’une cokerie, de hauts-fourneaux et d’autres outils sidérurgiques ;
      • à partir de 2001 : développement de la combustion de biomasse en cimenterie et de la récupération du méthane dans les centres d’enfouissement techniques;
      • 2002 : arrêt d’un haut-fourneau et d’une cokerie ;
      • 2006 et 2007 : hivers très doux
      • 2009 : la crise économique provoque un ralentissement très important de l’activité industrielle avec, par exemple, un arrêt quasi complet de la sidérurgie à chaud ;
      • 2010 : certains secteurs industriels se redressent progressivement, mais la sidérurgie à chaud connaît toujours un niveau de production très faible.
      • 2011 : Amélioration des procédés dans le secteur de la chimie. Faible émissions de chauffage (3e année la plus chaude jamais observée en Belgique, après 2014 et 2018)
      • 2012-2013 : Fermeture définitive de la phase a chaud en sidérurgie, ralentissement des centrales électriques, fermeture de 2 lignes de verre, diminution apparente en transport routier liée aux statistiques fédérales.
      • 2014 : hiver très doux : avec 1424 degrés-jours 15/15, l’année 2014 affiche une chute de 33 % par rapport à 2013 et de 25 % par rapport à la moyenne 1981-2010 (Bilan énergétique DGO4). L’année 2014 est  l’année la plus chaude observée en Belgique, à égalité avec 2018.

L’évolution globale est le résultat de tendances très contrastées selon les secteurs (Figure 4). Les secteurs de l’industrie et de la production d’électricité sont à l’origine d’une réduction des émissions totales de respectivement 27% et 6%, mais la croissance des émissions liées au transport a par contre provoqué une augmentation des émissions globales de 4 %.

Les principaux facteurs des évolutions sectorielles sont les suivants :

      • Energie : passage du charbon au gaz naturel ou au bois, fermeture de cokeries
      • Industrie : fermeture dans la sidérurgie, usage accru du gaz ou de combustibles de substitution. Accords de branche et ETS. La valeur ajoutée augmente malgré cette diminution.
      • Résidentiel et tertiaire : augmentation du parc, consommation électrique accrue, passage limité au gaz naturel, isolation, climat plus doux.
      • Transports : augmentation du nombre de voitures, de leur cylindrée et des km parcourus.
      • Agriculture : diminution et modification du cheptel. Diminution des engrais minéraux.
      • Déchets : récupération et valorisation du biogaz  dans les CET

 

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Figure 4: Evolution des émissions de GES par secteur d'activité en Wallonie (kt éq CO2, entre 1990 et 2018 ; source AwAC)

 

 

 Emissions sectorielles des GES en Wallonie, données historiques 1990-2018

Selon l’inventaire soumis en mars 2020, la Wallonie a émis 37,1 millions de tonnes de CO2-équivalents en 2018, soit 31 % des émissions annuelles de la Belgique (hors secteur forestier).  Cet inventaire est élaboré selon les lignes directrices du GIEC de  2006 et les potentiels de réchauffement global (PRG) applicables pour la période 2013-2020[1].

L’inventaire wallon des émissions de gaz à effet de serre, additionné aux inventaires de la Région flamande et de la Région de Bruxelles-Capitale, forme l’inventaire belge rapporté annuellement par la Belgique dans le cadre du protocole de Kyoto et des engagements européens (Effort Sharing Decision, EC/406/2009).

La Figure 1 présente la répartition des émissions totales de GES par type de gaz et entre les principaux secteurs.



[1] PRG applicables : CH4= 25 et N2O = 298. Les PRG des gaz fluorés sont également revus.

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